Une note de nouveauté pour la partition commerçante de la rue Beauvoisine : le disquaire « Un Son impur » joue sa petite musique de jour depuis la rentrée. Emmanuel Bérard présente sa recette de galettes. La vérité est dans le vinyle.

Un Son impur, malicieusement, trompe son monde : le nom de la boutique sonne un peu marginal, limite underground, et pourrait laisser croire que cette adresse d’achat-vente se tient à l’écart d’une offre musicale proprette, commerciale.

Erreur ! Le disquaire qui tourne depuis une quinzaine de jours rue Beauvoisine, à quelques façades de la rue Lecanuet, se considère comme un généraliste. On y trouve de la bonne vieille pop, à savoir les Bowie, Supertramp, Dire Straits, Queen, Genesis et compagnie. Bien représentés aussi, le reggae et la soul ; mention spéciale pour le jazz.

Seulement, Un Son impur privilégie avec gourmandise, mais pas à outrance, le rock psychédélique des années 1960 et 1970, le punk et le post-punk. C’est le reflet de la prédilection du patron, Emmanuel Bérard, pour ces courants-là. Des groupes comme Leaf Hound, Comus, Agitation Free, Liquid Liquid ou Chrome peuplent une partie des bacs.

Au total, 7 000 vinyles ont trouvé place dans les murs libérés par l’agence immobilière voisine : 1 500 affichent un prix moyen de 8 à 25€, 1 500 sont soldés (de 3 à 5€) et la réserve comprend quelque 4 000 unités.

Emmanuel Bérard se fait un devoir d’accompagner les producteurs et artistes locaux en proposant les opus des Olivensteins, de Mister Moonlight ou de Jean-Emmanuel Deluxe & Friends, par exemple. Il a en dépôt le catalogue du label rouennais historique Sordide Sentimental, spécialisé dans la musique industrielle.

« J’ai mis un an et demi à constituer mon stock, sans trop toucher à mes exemplaires personnels, confie le monsieur. J’ai chez moi à peu près 5 000 vinyles et autant de CD. Je ne me définis pas comme un collectionneur dans l’âme. »

Le natif de Bernay, ex-lycéen d’Évreux, n’aurait jamais imaginé devenir un pro du bac. Son plan, c’était de concevoir des murs, pas de s’adosser à celui du son : il est diplômé de l’École nationale supérieure d’architecture de Normandie. D’où son installation à Rouen dès 1988. Ville qu’il ne devait jamais quitter.

A 50 ans, il a décidé de rompre avec son emploi au service d’un promoteur immobilier de la région parisienne. « J’en avais marre des 5 ou 6 heures de route tous les jours. J’ai fait un choix de vie. » Un choix de vinyle, même.

Les infos sur la boutique

Un Son impur

37 rue Beauvoisine

  • Ouvert du mardi au jeudi de 10h30 à 12h et de 13h30 à 19h, le vendredi et le samedi sans interruption de 10h30 à 19h

Facebook :Un son impur

Tel :02 27 08 79 53