Comment rendre le monde de demain climatiquement moins violent ? Absorbé par cette cause, le docteur et professeur Benoît Laignel se démène pour diffuser des solutions. Un expert qui se sent comptable de notre avenir.

Benoït Laignel

Spécialiste du dérèglement climatique, Benoît Laignel ne craint pas la surchauffe… L’homme a un emploi du temps de ministre. D’ailleurs, c’est pour le compte du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche qu’il passe quatre jours par semaine sur Paris, dans son costume de haut fonctionnaire au développement durable. « J’exerce cette fonction depuis juin 2024. Il s’agit de mettre en place de la formation sur la transition écologique dans 74 universités, 200 écoles et 16 organismes nationaux de recherche (ONR). Je suis mis à disposition par l’Université de Rouen. Je reste professeur en Géosciences et Environnement, d’où mes lundis ou mes vendredis sur Rouen. » Exception, cette présence mardi 30 septembre au 106 pour la cérémonie de signature de l’Accord de Rouen pour le climat #2. Benoît Laignel était concerné au premier chef, en tant que président du Giec local (Groupe interdisciplinaire sur l’évolution du climat), l’un des acteurs de la démarche. À l’occasion de la Cop30 au Brésil, Benoît Laignel intervient vendredi 14 novembre à 18 h à la bibliothèque Parment. Une rencontre gratuite où notre membre du Giec international éclairera son public sur le thème « Le changement climatique : une réalité en Normandie ». « Il y a cinq ans, dans mes conférences, j’insistais sur le constat scientifique alors que désormais je privilégie les pistes d’adaptation au changement climatique. » Benoît Laignel a joué un rôle de lanceur d’alerte, le voilà devenu ambassadeur de la résilience.

Une sorte d’homme ressources face à l’urgence climatique. « Il faut agir aujourd’hui pour infléchir la trajectoire, limiter l’impact ressenti dans 10 ans, dans 20 ans, dans 30 ans. Si on ne fait rien maintenant, à partir de 2070 on aura tous les étés des pics à 45 °C à Rouen et à 49 °C à Évreux. » Débordant d’énergie renouvelable, le professeur Benoît Laignel a donné 125 conférences. Avec, à son actif, 109 articles scientifiques publiés, il a participé ou participe à 49 programmes scientifiques (22 en tant que coordinateur), dont 15 internationaux et 12 nationaux. Ce natif de Bayeux, qui a obtenu son doctorat en Sciences de la Terre à l’Université de Rouen en 1997, y a creusé son sillon. Dès l’âge de 36 ans, il était directeur du laboratoire Morphodynamique Continentale et Côtière (M2C). Le zénith de son parcours : ses six mois en 2018-2019 comme chercheur associé au Jet Propulsion Laboratory de la Nasa, à Pasadena, en Californie. Ceci dans le cadre de sa collaboration à des travaux sur les applications du satellite nouvelle génération Swot (Surface, Water, Ocean, Topography) dans l’étude des environnements côtiers et estuariens. « Mon épouse me dit souvent que comme je suis au maximum de ma carrière, à savoir classe exceptionnelle, je pourrais peut-être lever le pied… » Sa contribution à l’humanité de demain prend aussi la forme de deux fistons de 16 et 22 ans